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lundi 15 mars 2010

Histoire de la Carte Michelin (4)

Aujourd'hui, quand on parle de carte routière on pense immédiatement à Michelin. Comment Michelin a pu  effacer en quelques décennies des concurrents bien en place comme Taride ou De Dion Bouton et laisser une telle trace dans notre imaginaire?
La pré histoire des cartes Michelin fut brève mais décisive; les succès remportés par la carte du circuit d'Auvergne, les premiers modèles de 1908, la nécessité de compléter les guides par des cartes plus précises et surtout la volonté de doter Michelin d'un bon instrument de communication sont autant de raisons pour voir débuter en 1910 l'Histoire de la carte routière Michelin.

André Michelin, fort de son expérience au service de cartographie du Ministère de l'intérieur, connait les points faibles des cartes concurrentes: elles sont peu fiables, difficiles à lire et à consulter et ne sont pas ... des Michelin!
André Michelin voit aussi l'intérêt des cartes pour le début de l'automobilisme; pour vendre du pneu il faudra aider son développement avec un produit dédié. Et puis il voit bien l'importance qu'a prit le bureau d'itinéraire créé en 1908 et il n'est pas dupe: les cartes concurrentes se vendent bien!
La première série parait donc entre 1910 et 1914 en s'associant avec l'éditeur Delagrave.
Michelin souhaitait avoir une carte pratique, facile à lire et surtout fiable. Pour répondre à son cahier des charges drastique André Michelin fit dessiner l'ensemble de ses cartes à partir des fonds des services des ponts et chaussées et du service vicinal. Le travail titanesque engagé en 1910 aboutira en 1913 au découpage des cartes Michelin en 47 feuilles distinctes (la 48ème apparait après guerre quand les départements d'Alsace-Lorraine reviennent à la France).
Le dessin entièrement réalisé à la main présente des caractères particuliers qui feront le succès de la carte Michelin: numérotation des routes, couleur et largeur des routes en fonction de leur praticabilité ou de leur nature, matérialisation des routes touristiques en vert, indication de distance kilométrique entre localité, signes conventionnels pour marquer les point remarquables (château, monument, église, ruine...)., villes citées au Guide Michelin. Autant de trouvailles bien pensées qui sont encore le socle des cartes Michelin d'aujourd'hui!
Autre point fort des cartes: le système d'ouverture en accordéon qui permet d'ouvrir, consulter et fermer la carte en un mouvement simple sans risque de mauvais pli et d'embarras pendant le trajet qui s'effectue encore souvent à l'air libre!
Le succès fut assez rapide et la place qu'occupe aujourd'hui la carte Michelin dans l'esprit collectif prouve encore un siècle plus tard que Michelin ne s'était pas trompé en s'engageant dans cette aventure.